Patrick Grundmann est un Montmartrois qui a baigné dès sa plus tendre enfance dans toute
l’iconographie artistique qui caractérise ce lieu mythique. Jouant à côté du Bateau-Lavoir et
fréquentant assidûment les musées avec ses parents, il a grandi dans cette ambiance à la fois
bohème et artistique typique de Montmartre.
Son parcours professionnel l’a mené vers une carrière politique, mais il ne s’est jamais éloigné
de l’art. Peignant parfois la nuit quand son agenda professionnel ne lui offrait que peu de
temps libre.
Il a toujours été entouré d’amis artistes : peintres, écrivains, sculpteurs… Cette émulation l’a
ainsi guidé vers la mise en place d’expositions où il partageait l’affiche avec d’autres
talents.
Influencé par les expressionnistes et plus particulièrement par Georges Rouault, mais également
par Jackson Pollock, Patrick Grundmann a toujours eu un regard d’artiste sur le monde qui
l’entoure.
Dans ma tête, j’ai un cadre. Tout ce que j’observe, je le vois dans un cadre. Tout est
structuré en lignes.
— Patrick Grundmann
Les traits traversent ses peintures avec toute la spontanéité de sa gestuelle d’artiste. Cette
rapidité d’action est profondément ancrée dans sa démarche artistique. C’est le geste qui rythme
l’œuvre et lui donne son aura.
Il a ainsi développé une grammaire picturale figurative où la simplification de la ligne et le
jeu des entrelacs de pigments offrent une abstraction du propos. Ce qui s’exprime d’abord, c’est
la couleur cernée par la ligne des silhouettes, qui se libère ensuite de l’autorité des
contours. Cet éclat chromatique nous offre une expérience sensorielle que l’on peut rapprocher
de l’action painting. Sa gestuelle vive scande la toile et laisse des traces indistinctes qui
procurent une ivresse de nuances.
Les fonds, les couleurs ont une valeur de catharsis pour l’artiste qui extériorise ainsi la
profondeur de ses ressentis sur les événements de la vie. Ces couleurs vives lui permettent
d’effacer la complexité de notre société, d’éliminer les problèmes.
Il ne cherche pas à transmettre un message, mais souhaite créer une interaction avec le
spectateur et lui offrir un plaisir esthétique. Chacun est libre d’apporter sa propre
interprétation de l’œuvre, à la lueur de son vécu ou de ses rêves. C’est la raison pour laquelle
il ne donne pas de titre à ses toiles. Un titre fige ou oriente le regard, aliénant ainsi le
champ d’interprétation du spectateur.